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Voiture électrique vs thermique: le vrai coût sur cinq ans en Suisse

Entre prix d’achat, entretien, énergie et revente, comment se comparent vraiment les dépenses d’une électrique et d’une thermique sur cinq ans? On fait les comptes, sans parti pris.

Voiture électrique vs thermique: le vrai coût sur cinq ans en Suisse
Voiture électrique vs thermique: le vrai coût sur cinq ans en Suisse

En Suisse, l’achat d’une voiture électrique reste souvent plus cher qu’un modèle thermique équivalent. Mais sur cinq ans, la donne change. Les économies réalisées sur le carburant, l’entretien et les taxes peuvent compenser, voire dépasser, l’écart initial. Encore faut-il savoir où regarder.

Pour y voir clair, prenons deux voitures compactes, l’une électrique, l’autre essence, vendues autour de 40 000 francs à l’achat. Une Renault Mégane E-Tech d’un côté, une Volkswagen Golf TSI de l’autre. Deux modèles populaires, comparables en taille et en équipement. Sur le papier, la Mégane coûte quelques milliers de francs de plus. Mais après cinq ans et 75 000 kilomètres, le bilan n’est plus le même.

L’énergie, premier poste d’économie

Le plein d’électricité revient bien moins cher que celui d’essence ou de diesel. En Suisse, recharger chez soi coûte entre 5 et 8 centimes par kilowattheure, selon son fournisseur. Sur une borne publique rapide, le prix peut monter à 60 centimes, voire plus. Mais même dans ce cas, le coût au kilomètre reste inférieur à celui d’un thermique.

Prenons une consommation moyenne de 15 kWh aux 100 km pour l’électrique, et 6 litres aux 100 km pour l’essence. Avec un prix du kWh à 0,50 franc et un litre d’essence à 1,80 franc, l’électrique revient à 7,50 francs aux 100 km, contre 10,80 francs pour l’essence. Sur 75 000 km, cela représente une économie de plus de 2 400 francs. Et si l’on recharge principalement à domicile, l’écart se creuse encore.

Les fluctuations des prix de l’énergie peuvent modifier ce calcul. Une hausse brutale de l’électricité ou une baisse de l’essence réduiraient l’avantage. Mais sur le long terme, l’électrique reste moins sensible aux soubresauts des marchés pétroliers.

Entretien et réparations, l’autre atout de l’électrique

Une voiture électrique compte moins de pièces mobiles qu’un thermique. Pas de vidange, pas de courroie de distribution, pas de bougies, pas de filtre à particules. Les freins s’usent aussi moins vite, grâce au freinage régénératif. Résultat, les coûts d’entretien sont généralement inférieurs.

Les garagistes suisses estiment que l’entretien d’une électrique coûte entre 30 et 50 % moins cher que celui d’un thermique sur cinq ans. Pour notre comparaison, cela représente une économie de 1 000 à 1 500 francs. Attention, ce chiffre ne tient pas compte des éventuelles réparations liées à la batterie, dont la durée de vie dépasse souvent les 150 000 km.

Les pneus, en revanche, peuvent s’user plus vite sur une électrique. Le couple instantané et le poids plus élevé des batteries sollicitent davantage la gomme. Un jeu de pneus neufs coûte entre 600 et 1 000 francs, selon les modèles. Un poste à surveiller, même si l’écart avec un thermique reste limité.

Aides, taxes et revente, les variables suisses

En Suisse, les aides à l’achat d’une voiture électrique varient selon les cantons. Certains, comme Genève ou Vaud, offrent des subventions allant jusqu’à 5 000 francs. D’autres, comme Zurich ou Berne, n’en proposent aucune. Ces différences peuvent influencer le coût total sur cinq ans.

Les taxes annuelles sont aussi plus légères pour les électriques. Dans la plupart des cantons, la vignette coûte moins cher, et certains exonèrent partiellement ou totalement la taxe sur les véhicules. Sur cinq ans, cela peut représenter quelques centaines de francs d’économie.

Enfin, la revente. Les électriques perdent moins de valeur que les thermiques sur le marché de l’occasion, surtout si leur batterie est en bon état. Une Mégane E-Tech ou une Tesla Model Y se revendent mieux qu’une Golf ou une Peugeot 308 équivalente. Cet avantage peut réduire l’écart initial à l’achat de plusieurs milliers de francs.

Reste une inconnue: l’évolution des technologies. Les batteries solides, promises pour les prochaines années, pourraient encore améliorer l’autonomie et la durabilité des électriques. Mais leur impact sur les coûts reste à préciser. Pour l’instant, le bilan sur cinq ans penche en faveur de l’électrique, à condition de bien choisir son modèle et son usage.

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